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1955 - Charles Enel
1956 - Charles Enel à son établi
Etiquette de Charles Enel
Fils de Jules Enel et de Louise Vigneron (de la famille du célèbre archetier Arthur Vigneron), il naît le 14 juillet 1880 à Mirecourt (Vosges).
Il fait son apprentissage dans les ateliers de Grillon, Gustave Bazin et entre comme ouvrier chez Léon Mougenot, maison mircurtienne très réputée à l’époque.
Très rapidement et devant ses compétences d’établi, il est reçu au concours et obtient le diplôme d’ouvrier d’état auprès du Jury Départemental. Il part à Paris et intègre la Maison d’Auguste Deroux, lui-même ex premier ouvrier de la Maison très connue, Claude-Augustin Miremont.
Son début de carrière est fulgurant car il avait fréquenté toutes ces prestigieuses maisons avant son service militaire, qui avait lieu vers l’âge de 20 ans.
Après son service militaire, il travaille à Genève chez Bertherat, puis à Lyon et revient à Paris chez Eugène Marchand. Linz en Autriche, Augsbourg et Stuttgart en Allemagne et enfin Genève chez Vidoudez (Suisse) font de son apprentissage un véritable parcours de compagnonnage.
C’est dans cet atelier genevois qu’Ernest Maucotel (associé à Hippolyte-Chrétien Silvestre) vient chercher Charles Enel. Cela démontre l’artisan qu’il était, la Maison Silvestre et Maucotel étant à l’époque l’une des plus prestigieuses Maison de France.
C’est en 1909, âgé tout juste de 29 ans, qu’il s’installe rue de Cléry à Paris, non loin de son cousin, le grand archetier Arthur Vigneron.
En 1911 il transfère son atelier au 48 rue de Rome dans le 8ème arrondissement de Paris. A partir de 1911 il s’adjoint les services de Félix Bollecker qui s’occupe de la partie commerciale de l’entreprise sous la raison sociale « Charles Enel and C° ». Cette collaboration s’interrompt avec la guerre de 14-18, à laquelle tous deux participent.
Dès sa démobilisation et au devant des connaissances et des compétences acquises au cours de ses nombreux stages dans les ateliers de lutherie,
Vers 1900-Arthur Vigneron
sa maison ne fait que s’accroître. Il est un expert averti, un grand fabricant d’instruments du quatuor,et également un très grand restaurateur.
Ses recherches permanentes l’amènent a copier avec talent les plus grands auteurs italiens du 18ème , les bois sont toujours très bien choisis, ses vernis, d’un beau rouge transparent, parfois un peu craquelé. Il construit près de 220 violons, environ 30 violoncelles et quelques altos.
En 1920, il fait venir son neveu Pierre Enel qui restera jusqu’en 1934 auprès de lui pour le seconder dans la très haute restauration.
1947 : il est vice-président du Groupement des Luthiers et Archetiers d’Art de France (GLAAF), qui compte aujourd’hui 110 membres à travers toute la France.
1948 : Charles Enel est nommé Expert auprès du Tribunal de Commerce de la Seine dans la spécialité des instruments du quatuor.
Charles Enel avec
Pierre Enel
1949 : il devient l’un des membres fondateurs de l’ Entente Internationale des Luthiers et Archetiers, aujourd’hui l’EILA, l’élite de la lutherie mondiale qui compte à l’heure actuelle plus de 170 membres : France, Allemagne, Suisse, Autriche, Pays-Bas, Danemark, Pologne, Hongrie, Royaume-Uni, Irelande, Etats-Unis, Chine, Japon, Israel….
La Maison Enel est une des plus importantes entreprises de France, avec les maisons Maucotel et Deschamps, Jombart, Dupuy, Vatelot... Frédéric Boyer y entre comme ouvrier. Le 14 août 1954, Charles Enel décède à Saint Brieuc et Frédéric Boyer, devenu son principal collaborateur et héritier spirituel poursuit seul la gestion de l’atelier. Madame Céleste Enel, épouse de Charles Enel s’occupe des relations avec la clientèle.
C’est en 1960, après 12 ans passés dans cette prestigieuse maison, et suite au décès brutal de Madame Enel, que Frédéric Boyer va poursuivre seul, a assurer la pérennité de cette maison, je cite, « dans la tradition et le souvenir ».
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 © Serge Boyer - 2007