
2003 - Serge Boyer en compagnie du Maître Vladimir Spivakov
Serge Boyer à son magasin en compagnie de Natalia Gutman
Serge Boyer avec le Ministre de la Culture Monsieur Renaud Donnedieu de Vabre
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Né le 15 novembre 1955 à Paris, je suis le petit dernier d’une famille qui vit de la musique depuis déjà plusieurs générations. Fils de luthier et petit fils de musiciens à l’Opéra comique et de l’Opéra, je baigne dans cet univers depuis mon plus jeune âge. L’atelier étant à proximité de la maison, j’y passe une grande partie de mon temps libre sans pour autant avoir l’idée d’une carrière dans la lutherie. C’est à 15 ans 1/2, en septembre 1971 que je quitte Paris pour la capitale de la lutherie française, Mirecourt. Mon choix est encore incertain mais deux métiers possibles me sont prédestinés : luthier par filiation ou marin pêcheur par passion de la mer que je tiens de mes ascendants maternels. Je commence mon apprentissage à Mirecourt auprès du Maître Jean Eulry, très grand artisan luthier et co-directeur de la maison Hilaire depuis près de 20 ans. Atelier travaillant dans la plus pure tradition française, Jean Eulry fut le maître d’apprentissage de bon nombre de luthiers exerçant aujourd’hui. Il fut reconnu à ce juste titre comme grand maître formateur. J’ai 3 mois pour faire un choix, l’échéance est à la Sainte Cécile, en novembre, date à laquelle les luthiers ont l’habitude de se réunir à Mirecourt pour fêter la Sainte Patronne de la musique. De cette façon il ne sera pas difficile pour mon père de connaître par ses confrères mes prédispositions à l’établi. L’immersion étant totale, je reste à Mirecourt jusqu’en 1974. J’y « apprend a me servir de mes outils » comme le disent les anciens et durant ces 3 années je construis une cinquantaine de violons. Je rentre à Paris en septembre 1974 pour travailler aux côtés de mon père. La réalité des Maisons parisiennes semble bien éloignée de l’ambiance mircurtienne et je m’initie peu à peu à la restauration des instruments anciens. Je partage avec mon père le plaisir de la fabrication d’instruments en copie des grands maîtres italiens. Notre collaboration dure jusqu’en décembre 1975, date à laquelle j’effectue mon service militaire pendant 1 an. Il est alors décidé que je puisse parfaire mon apprentissage à l’étranger. De retour du service militaire je pars à Londres travailler dans l’atelier de Charles Beare, très connu pour son niveau de très haute restauration sur les instruments. Charles Beare est lui-même un très grand expert en violons et me fait partager durant 2 ans ses connaissances. Durant mon séjour chez Charles Beare je travaille la haute restauration et l’expertise qui restent à l’heure actuelle l’essentiel de mon activité. En 1979 je suis de retour à Paris ou je réintègre l’atelier paternel afin de seconder mon père dans la restauration et l’expertise. La réputation de la maison est fondée sur ces deux spécialités et les demandes d’expertises deviennent régulières. A l’atelier passent beaucoup d’instruments, perfectionnant mon œil jour après jour. C’est en 1982 que je rédige mon premier certificat !! En 1984 mon père décide de me laisser la place, je crée la Société Boyer. A partir de cette date, la cadence s’accélère : en 1987 je suis nommé au titre d’assesseur par les douanes françaises dans la spécialité « instruments de musique », en 1988 je fais mes premières ventes aux enchères en tant qu’expert. En 1991 je suis nommé expert à la Cour d’Appel de Paris (nous sommes 3 en France a être à la Cour d’Appel de Paris). De grandes missions me sont confiées : expertise de l’orchestre de Clermont Ferrand en 1996, missions pour les Tribunaux, missions pour les compagnies d’assurances (MAIF, AGF, LLOYDS), expertises des orchestres de Radio France en 2006. Plusieurs dizaines de ventes aux enchères sont à mon actif : Neuilly, Paris, Versailles, Dijon, Cannes… Ma documentation, qui s’enrichie un peu plus chaque jour me permet de faire paraître en 1993 un livre sur l’école française du XIXème : « Les trésors de la lutherie française du XIXème », édité à 2000 exemplaires et préfacé par les 2 plus grands luthiers du monde, Etienne Vatelot et Charles Beare. Depuis 1988 et jusqu’à aujourd’hui, j’ai réussi à prendre ma place dans le secteur de la très haute restauration avec des instruments de prestige tels que des Guarneri Del Jesus, Stradivarius, Guadagnini, Lupot, Pressenda ainsi que dans le domaine de l’expertise, les demandes de rédaction de certificats d’authenticité sont quotidiennes. C’est de par mes connaissances et ma compétence professionnelle que je peux aujourd’hui compter parmi ma clientèle les plus grands solistes tels Vladimir Spivakov, Vadim Repim, Natalia Gutman, Maxim Vangerov, Sasha Rozhdestvenskiy, Alain Kouznetzoff, Sylvie Gazeau... Aujourd’hui l’histoire se répète : j’accompagne mon fils Florent dans sa cinquième année de lutherie, qui empreinte progressivement le même parcours que moi…. |